Gouvernance · le modèle opératoire
Intégrer le Riftveil Protocol à votre politique d’usage de l’IA.
Une règle, pas un outil : aucun texte produit par IA au-dessus d’un seuil d’enjeux n’éclaire une décision d’équipe sans un rapport Riftveil joint. Le rapport ne dit jamais quoi décider. Il dit ce qui n’avait pas été vu avant de décider. L’équipe décide toujours, et en reste responsable.
La règle « Le rapport Riftveil d’abord »
Qui le lance, et quand
Le rapport est produit avant que le texte parte chez un relecteur, un approbateur ou en réunion, et il est produit par la personne qui a généré le texte avec l’IA, pas par le relecteur.
L’ordre compte. L’auteur lit le rapport seul, en premier, et traite ce qu’il peut avant que quiconque d’autre le voie. Le relecteur reçoit le texte, le rapport et les réponses de l’auteur à ses questions. Le but : que les objections prévisibles soient déjà sur la table, et que le relecteur parte des hypothèses, et non de la surface polie.
Deux règles gardent le seuil honnête. En cas de doute, on monte d’un cran : si l’on débat pour savoir si c’est MODÉRÉ ou ÉLEVÉ, c’est ÉLEVÉ. L’auteur ne choisit pas le niveau seul : c’est la personne qui signera qui le choisit, ou les deux se mettent d’accord.
« Si une IA a aidé à le produire et que c’est MODÉRÉ ou plus, le rapport Riftveil et vos réponses à ses questions l’accompagnent. »
Une phrase à recopier dans le wiki de l’équipe, dans les instructions permanentes de votre assistant IA, ou dans le message épinglé du canal de l’équipe.
Des seuils de triage traduits en décisions réelles
Traduire une fois, l’écrire, le mettre là où les gens travaillent
Le protocole trie selon la réversibilité, les personnes concernées et l’engagement financier à l’échelle de votre organisation. Ces critères sont génériques. Une équipe les traduit une fois dans les décisions qu’elle prend réellement. Les exemples ci-dessous sont un modèle ; remplacez-les par les vôtres.
| Enjeux | Les décisions de votre équipe qui tombent ici | Faut-il un rapport Riftveil ? | Ce que le rapport examine |
|---|---|---|---|
| FAIBLE | E-mails internes, notes de réunion, premiers jets sur lesquels personne n’agit encore | Facultatif, pour installer l’habitude. | La réponse seule (ce que dit le projet). |
| MODÉRÉ | Plans de sprint, présélections de fournisseurs, recommandations internes, propositions d’équipe | Oui, par défaut. | La question (ce qui a réellement été demandé), la réponse (ce que dit le projet) et le raisonnement (comment il y arrive). |
| ÉLEVÉ | Tout ce qui monte à la direction ou part à un seul client, fournisseur ou partenaire, stratégies commerciales, clauses contractuelles, changements d’architecture, plans de recrutement, budgets visibles au niveau du département qui demandent une validation au-dessus de l’équipe | Oui, obligatoire. | Les trois mêmes, plus la perspective (ce que le projet n’a pas vu). |
| CRITIQUE | Soumissions externes (régulateurs, public), engagements stratégiques, tout ce qui touche une clientèle ou le public, engagements significatifs pour toute l’organisation, changements irréversibles | Oui, obligatoire, avec un challengeur nommé. | Les quatre mêmes, plus la mise en pratique (ce que cela donne dans le monde réel), avec un pré-mortem. |
Ce qui entre au dossier de décision
Fiche de décision technique, dossier de décision, demande de modification de code (pull request), note, page wiki
Le rapport et les réponses de l’équipe documentent l’examen de chaque décision. Quand votre politique d’usage de l’IA ou vos auditeurs en demandent davantage, le fichier de trace s’y ajoute : pour chaque décision, un AttestScope Record signé par riftveil.ai. Ensemble, ces fichiers forment une piste d’audit. Ne classez jamais le rapport sans les réponses : une liste de questions ouvertes sans responsable, c’est du bruit au bout d’une semaine.
Pour les décisions CRITIQUES, un challengeur nommé lance Riftveil indépendamment de l’auteur et consigne sa propre lecture.
Des mois plus tard, le dossier dit encore ce qui a été soumis, jusqu’où l’examen est allé, ce qui restait ouvert et qui en répondait, et qui a décidé.
Ce que contient le dossier
Le projet examiné · dans le PDF
Le texte produit avec l’IA, tel qu’il a été soumis, et le contexte indiqué : la version examinée, pas une version retouchée après coup.
Le rapport Riftveil · dans le PDF
Le niveau d’enjeu retenu et ses critères ; ce qui a été examiné, et ce qui ne l’a pas été ; les constats classés par impact ; les hypothèses dont dépend le projet, avec qui peut les vérifier ; les questions à régler avant de décider, avec un responsable quand le rapport peut en nommer un. Il s’ouvre sur le Registre, six lignes qui le résument. Il ne dit jamais quoi décider.
Le suivi de la personne qui signe · dans le PDF
Ce qu’elle a vérifié elle-même ; à qui chaque question ouverte est attribuée ; sa décision (poursuivre, poursuivre avec conditions, ne pas poursuivre), ses conditions et sa signature. Rempli par une personne, jamais par le modèle.
Le fichier de trace · en plus, à côté du PDF
Un AttestScope Record, signé par riftveil.ai : le texte du projet, du contexte et du rapport, le suivi une fois rempli, les empreintes, les sceaux et les signatures. C’est sur ce fichier, pas sur le PDF, que l’on vérifie que rien n’a changé.
Les réponses de l’équipe · au dossier
La réponse écrite à chaque question, avec la personne qui y a répondu ; pour une décision CRITIQUE, la lecture du challengeur nommé. C’est l’équipe qui les ajoute.
Rapport fait dans votre propre assistant IA puis enregistré : le rapport entre au dossier, avec son fichier de trace pour les décisions dont vous devrez rendre compte ; le suivi se remplit dans le bloc que le protocole donne sur demande.
Vérifier qu’un rapport est intact
ID du registre Riftveil, sceau, fichier de trace
Chaque évaluation faite sur riftveil.ai reçoit un ID du registre Riftveil (date, heure, caractères tirés au hasard) et un sceau. L’export donne deux fichiers : le PDF, à lire, et le fichier de trace, à vérifier. Classez le PDF ; gardez le fichier de trace avec lui pour les décisions dont vous devrez rendre compte.
La règle : un rapport se vérifie sur son fichier de trace, jamais sur une impression, une capture ou un PDF seul. N’importe qui peut recopier un ID sur un document modifié ; personne ne peut modifier le texte d’un fichier de trace sans que la vérification échoue. Déposez le fichier sur riftveil.ai/verify et comparez le texte affiché au document qu’on vous a remis.
Un rapport produit avec le protocole dans votre propre assistant IA (Microsoft 365 Copilot, ChatGPT, Claude…) peut être enregistré : seule son empreinte quitte votre navigateur. Son fichier de trace dit alors « enregistré au registre Riftveil » ; celui d’un rapport évalué ici dit « généré sur riftveil.ai ».
Ce qu’un sceau valide prouve
- Que riftveil.ai a attribué l’ID, à l’heure indiquée par son horloge (temps universel, à la seconde).
- Que le texte n’a pas changé d’un seul caractère depuis.
- Son origine : généré sur riftveil.ai, ou enregistré.
- Le sceau se contrôle sur riftveil.ai. La signature, elle, se contrôle avec la clé publique de riftveil.ai : n’importe qui peut le faire, sans passer par nous.
Ce qui reste à la personne qui signe
- Le sceau porte sur la date et l’intégrité du texte. Le fond du projet, la façon dont le protocole a été appliqué et la décision restent ceux de la personne qui signe : elle atteste ce qu’elle a examiné, et dans quelle limite.
Pour les équipes techniques
Pour vos propres outils : POST https://riftveil.ai/api/verify avec { id, fingerprint, seal }, et un module de vérification pour n’importe quelle page : <div data-riftveil-verify data-lang="fr"></div><script src="https://riftveil.ai/embed/verify.js" defer></script>
Un responsable pour chaque question
Les questions sont le livrable · traitez-les comme des tâches
Répondre par écrit
Sous chaque question, une ligne suffit. « Inconnu » est une réponse recevable, et souvent la plus utile.
Attribuer chaque question ouverte
Un nom et une date. Le protocole ne pose que des questions auxquelles le contexte du lecteur peut répondre : il y a donc toujours quelqu’un qui le peut. Chaque hypothèse nomme qui peut la vérifier : cette personne en est responsable.
Marquer ce qui bloque la décision
Si la réponse changeait la décision, la décision l’attend. Sinon, notez-le et passez à la suite.
Boucler la boucle
Quand une question reçoit sa réponse, notez si cette réponse a changé quelque chose. C’est par cette trace que l’équipe apprend quels pièges reviennent dans son domaine. Et aucun modèle ne répond à ses propres questions : tout l’intérêt est qu’une personne qui a le contexte apporte ce que le modèle ne pouvait pas apporter.
Un premier déploiement, en quatre semaines
Une équipe de taille gérable · un type de décision · une seule plateforme
Choisissez une équipe, un type de décision clairement MODÉRÉ ou ÉLEVÉ et assez fréquent pour en voir au moins dix occurrences en un mois, et une plateforme. Comptez environ quinze minutes par rapport pour l’auteur et cinq à dix pour le relecteur. S’il en faut plus, le texte est trop long : concentrez-vous sur les trois à cinq sections qui comptent, ou scindez-le.
| Semaine | À faire | Résultat |
|---|---|---|
| 0 · préparation, deux jours | Installez Riftveil sur votre plateforme et lancez les tests standard. Rédigez la table de triage. Nommez un responsable du déploiement et, pour le CRITIQUE, un challengeur. | L’outil fonctionne ; la table est publiée ; le guide de cinq minutes est partagé. |
| 1 | Chacun lance Riftveil sur un texte réel produit avec l’IA, seul. Débriefing de trente minutes : qu’est-ce qui vous a surpris ? | Premiers rapports au dossier de décision. Point de référence pour l’indicateur 2. |
| 2 | Appliquez la règle « Le rapport Riftveil d’abord » au seul type de décision du premier déploiement. Un responsable est attribué à chaque question. | Les relecteurs disent combien de temps la relecture leur a pris et ce qu’elle a gagné en qualité. |
| 3 | Ajoutez un deuxième type de décision, ou passez aux enjeux ÉLEVÉS. Traitez un cas CRITIQUE avec un challengeur nommé s’il s’en présente un. | Indicateurs 1 à 4 collectés. |
| 4 | Faites le point sur les indicateurs. Décidez : étendre, ajuster la table de triage, ou arrêter. Rédigez une décision d’une page, et lancez Riftveil dessus. | Une décision (continuer, ajuster ou arrêter) accompagnée de son propre rapport Riftveil. |
Cinq indicateurs d’adoption
Chaque semaine pendant les quatre premières semaines, chaque mois ensuite · assez simples pour être comptés à la main
Indicateur 1
Couverture
Part des textes produits avec l’IA, de niveau MODÉRÉ ou plus, arrivés en relecture avec un rapport joint. Cible en semaine 4 : plus de 80 % pour le type de décision du premier déploiement.Indicateur 2
Hypothèses repérées avant la décision
Hypothèses implicites mises au jour et que l’auteur confirme ne pas avoir envisagées. Suivez la moyenne par rapport. Si elle tend vers zéro, les textes sont triviaux ou personne ne lit les rapports.Indicateur 3
Questions closes avant la décision
Part des questions qui ont reçu une réponse ou ont été explicitement mises de côté, avec un motif, avant que la décision soit prise. Cible : plus de 70 %.Indicateur 4
Décisions modifiées ou reportées
Décisions dont un constat, une hypothèse ou une question a changé le contenu, le calendrier ou le périmètre. C’est l’indicateur de valeur : le chiffre qui justifie l’exercice, ou non.Indicateur 5
Durée du cycle de relecture
Temps médian entre « texte prêt » et « approuvé », avant et pendant le premier déploiement. C’est ce chiffre qui dira si la règle fait gagner du temps à votre équipe, ou en coûte.
Huit anti-patterns
À quoi ressemble un déploiement qui échoue
- 1Le lancer sur des broutilles. Un rapport sur un message de deux lignes apprend aux gens à survoler les rapports. Utilisez la table de triage ; FAIBLE est facultatif.
- 2Prendre le rapport pour une conclusion. « Riftveil n’a trouvé que trois choses, donc c’est bon » : c’est exactement le piège de la cohérence contre lequel le protocole est construit. Il n’y a ni réussite ni échec, et personne ne doit en ajouter.
- 3Laisser le modèle se challenger lui-même sans le protocole. Demander au modèle qui a écrit le texte « tu es sûr ? », ce n’est pas Riftveil. Sans retour externe, l’autocorrection peut dégrader la performance (Huang et al., ICLR 2024 ; Tsui, 2025). Le protocole n’est pas ce retour externe ; il change le rôle du modèle (relecteur adverse, procédures fixes, un rapport qui ne peut pas se terminer sur une conclusion) et place un vérificateur humain sur chaque hypothèse. Il vise à atténuer ce risque, sans le supprimer.
- 4Modifier le protocole pour le rendre plus aimable. Quelqu’un ajoute « commence par ce qui est bien dans le texte ». La règle 1 meurt et le rapport devient un sandwich de compliments. Réservez les droits de modification à un ou deux responsables.
- 5Répondre aux questions avec encore plus d’IA. Les questions existent pour faire entrer le contexte humain.
- 6Le relecteur le lance à la place de l’auteur. Il devient alors un outil pour prendre les gens en défaut, et les gens cachent leur usage de l’IA. L’auteur le lance d’abord ; le relecteur le lit.
- 7Sauter la ligne de contexte. Sans rôle, décision ni enjeux indiqués, le protocole n’a pas de quoi situer le triage : il retient MODÉRÉ par défaut. Une soumission CRITIQUE triée en MODÉRÉ ne reçoit jamais son pré-mortem.
- 8Garder le rapport et perdre les réponses. Un rapport dont les questions restent sans réponse est un registre de risques ouvert dont personne n’est responsable. Consignez les réponses et les responsables au dossier de décision.
Où se trouve le guide complet
Pro Kit · licences Équipe
Cette page condense le modèle opératoire. Le guide de déploiement complet du Pro Kit y ajoute les configurations par plateforme (projet Claude, projet ChatGPT, agent Microsoft 365 Copilot, API), les trois tests standard, le déroulé d’accueil de trente minutes, le démarrage rapide en cinq minutes, l’usage du schéma du rapport, publié avec le protocole, dans le dossier de décision, et une annonce d’équipe d’un paragraphe à copier et envoyer.