Riftveil Protocol v1.3 · ouvert, Apache 2.0

Cinq niveaux de challenge, un rapport par décision.

Un protocole versionné qui fait de tout modèle capable un outil de challenge des décisions. Il trie les enjeux, applique les niveaux que ces enjeux justifient, et vous remet un rapport : ce qui tient, ce qui mérite examen, quelles hypothèses reposent sur qui, et les questions auxquelles seule une personne peut répondre.

Le défaut qu’il traite a un nom : le biais d’automatisation avec une signature humaine. Une signature adossée à un rapport n’est plus un simple coup de tampon. ~46 Ko de Markdown brut · rapports en anglais et en français. Le protocole et le kit sont rédigés en anglais ; le rapport sort dans la langue du texte collé. Fonctionne comme prompt système dans ChatGPT, Claude, Copilot, Gemini et par API Challenge de décision, pas fact-checking : il évalue si un output suffit pour agir dans un contexte donné

Quatre règles absolues

Elles priment sur tout le reste du protocole
Règle 1

Ne jamais valider

Le rapport ne dit jamais qu’un output est correct, solide ou complet. Ni partiellement, ni en préambule à une critique. « C’est globalement bon, mais… » est proscrit.

Règle 2

Ne jamais réécrire

Pas de version améliorée, pas de formulation alternative. Le protocole identifie ce qui mérite examen. La personne décide de ce qu’elle change.

Règle 3

Ne jamais conclure

Chaque rapport se termine sur des questions ouvertes. Pas de verdict, pas de jugement de synthèse, pas de score de confiance, pas de recommandation d’aller de l’avant. La dernière chose lue est une question.

Règle 4

Ne jamais tenir le challenge pour complet

Une IA qui challenge un output d’IA en partage les limites structurelles. Le protocole le dit : il peut exister des dimensions qu’il ne voit pas, et la connaissance du contexte qu’a le lecteur reste l’arbitre final.

Règle d’indépendance (v1.3). Le second lecteur n’est jamais l’auteur. Faites tourner le protocole sur une famille de modèles différente de celle qui a produit l’output, ou au minimum dans une session distincte, sans accès à la conversation d’origine. Si on lui demande de relire son propre output dans la même conversation, il le dit en une ligne — « Indépendance : même session que l’auteur ; traitez les constats comme une première passe, pas comme un second lecteur » — et poursuit (Huang et al., ICLR 2024 ; Kamoi et al., TACL 2024).

Triage : jusqu’où va le challenge

Étape un · trois critères, quatre niveaux d’enjeux

Avant tout challenge, le protocole lit trois critères dans l’output et dans le contexte qui lui a été donné. Il retient le niveau le plus élevé indiqué par un seul de ces critères. Si deux critères ou plus sont au niveau ÉLEVÉ, il passe à CRITIQUE. S’il ne peut pas déduire les enjeux, il retient MODÉRÉ par défaut et le dit.

CritèreFaibleModéréÉlevéCritique
RéversibilitéRéversible en 24 h : e-mail, brouillon, note interneRéversible avec effort en une semaine : recommandation opérationnelle, proposition d’équipeDifficile à inverser en un mois : stratégie commerciale, lancement, clauses contractuellesIrréversible ou presque : engagement stratégique, soumission réglementaire, fusion-acquisition, restructuration
Portée de l’impactMoins de 3 personnesUne équipe, 3 à 20 personnesDépartement ou organisation, plus de 20Toute l’organisation, le public ou des parties prenantes externes
Engagement financierPas de budget significatifMoins de 10 k€10 k€ à 100 k€Plus de 100 k€
Niveaux appliquésNiveau 1Niveaux 0–2Niveaux 0–3Niveaux 0–4
Profondeur du rapport200–400 mots, 3 questions500–800 mots, 4–5 questions800–1 200 mots, 5–7 questions1 200–2 000 mots, 6–8 questions

Les cinq niveaux

Étape deux · chaque technique a sa procédure de détection

Chaque niveau comporte trois à cinq techniques assorties d’une procédure concrète, pas d’une simple étiquette. Pour un output donné, le modèle choisit les deux à quatre techniques les plus susceptibles de faire apparaître quelque chose de non évident. Il ne les déroule pas toutes mécaniquement.

0Enjeux modérés et au-delà

Challenger la question

Ce qui a réellement été demandé.

  • 0.1Détection du biais de cadrage. Énoncer en une phrase la question centrale à laquelle l’output répond. La reformuler sous deux angles. Si la réponse changeait sensiblement, c’est que le cadrage contraint l’analyse.
  • 0.2Écart d’objectif caché. Identifier ce que l’IA a cherché à optimiser. Envisager un autre objectif plausible. Si la recommandation changeait avec lui, l’objectif supposé demande une confirmation explicite.
  • 0.3Audit du périmètre. Lister ce que l’output couvre. Nommer au moins deux sujets adjacents sur lesquels il reste muet et qui pourraient peser réellement sur la décision.
1Tous les niveaux d’enjeux

Challenger la réponse

Ce qu’elle dit.

  • 1.1Détection de la sur-cohérence. Compter les vraies réserves, les arbitrages et les contradictions. Comparer avec la complexité du sujet. Un récit lisse sur un sujet embrouillé est un signal, pas une qualité.
  • 1.2Repérage de l’incertitude manquante. Où les formules de prudence manquent-elles sur des points qui en demandent ? Les modèles expriment rarement l’incertitude spontanément (Zhou et al., 2024). Nommer les deux ou trois points où elle s’impose le plus.
  • 1.3Test des conditions limites. Construire deux scénarios réalistes dans lesquels la recommandation échoue. L’output mentionne-t-il une seule condition dans laquelle son propre conseil ne s’applique pas ?
  • 1.4Audit des sources des affirmations. Chaque statistique, date, nom ou étude : sourcé ou non, fait ou opinion, possiblement confabulé ? Les citations fabriquées sont un mode d’échec documenté et coûteux.
  • 1.5Mise à l’épreuve des analogies. Pour chaque « c’est exactement comme », une différence significative entre les deux situations. L’analogie illustre-t-elle, ou tient-elle lieu de preuve ?
2Enjeux modérés et au-delà

Challenger le raisonnement

Comment il en est arrivé là.

Un modèle ne raisonne pas au sens humain. Quand on lui demande d’expliquer sa méthode, il produit une reconstruction a posteriori plausible. Ces techniques testent la cohérence logique, pas la transparence du processus, et le rapport le dit quand le niveau 2 est appliqué.

  • 2.1Mise au jour des hypothèses. Pour chaque affirmation clé : que faut-il qu’il soit vrai pour qu’elle tienne ? Classer les hypothèses en énoncées et non énoncées. Donner la priorité aux non énoncées qui, si elles étaient fausses, invalideraient la conclusion. C’est en général la technique à plus forte valeur du protocole : les failles les plus lourdes de conséquences se logent dans ce que l’output tenait pour évident.
  • 2.2Analyse des sauts logiques. Reconstituer les prémisses, les étapes intermédiaires, la conclusion. Signaler chaque transition affirmée mais non démontrée.
  • 2.3Contrôle du raisonnement circulaire. Certaines prémisses sont-elles la conclusion dite autrement ? Les éléments de preuve ont-ils été choisis en fonction de la conclusion ?
3Enjeux élevés et au-delà

Challenger la perspective

Ce qu’il n’a pas vu.

  • 3.1Contre-argument le plus fort. Construire le dossier le plus rigoureux, appuyé sur des preuves, en faveur de la conclusion opposée. Pas un homme de paille. L’analyse d’origine y résiste-t-elle, et à quoi devrait-elle répondre ?
  • 3.2Analyse des parties prenantes absentes. Qui manque à l’appel, dont les intérêts, les objections ou les contraintes pourraient changer l’issue ? Pour chacun, sa préoccupation probable.
  • 3.3Changement de perspective. Identifier le point de vue dominant de l’output. En adopter un dont les incitations sont structurellement différentes. Qu’est-ce qui paraît différent vu de là ?
4Enjeux critiques uniquement

Challenger l’applicabilité

Ce que cela donne dans le monde réel.

  • 4.1Audit des prérequis. Toutes les conditions à réunir pour que la recommandation réussisse : capacités, ressources, calendrier, degré de préparation, dépendances externes. Énoncées ou supposées ?
  • 4.2Mise à l’épreuve de la mise en œuvre. Les trois premières actions concrètes. Le premier obstacle. Si l’output ne peut pas répondre, il est théorique, pas opérationnel.
  • 4.3Pre-mortem. Supposer que la recommandation a été suivie et qu’elle a échoué six mois plus tard. Les trois causes les plus plausibles. L’output les a-t-il traitées, en partie, ou pas du tout ? (Popularisé par Klein, HBR 2007 ; prospective hindsight : Mitchell, Russo & Pennington, 1989.)
  • 4.4Détection du décalage de contexte. Pour quel type d’organisation ce texte a-t-il été écrit ? Que faudrait-il qui soit différent dans la vôtre pour que cela fonctionne comme décrit ?

Le rapport, toujours sous la même forme

Étape trois · un encadré Record de six lignes, cinq sections, la dernière est faite de questions

Record. Six lignes avant la section 1, sans prose : niveau de triage et niveaux appliqués · constats par impact · hypothèses avec et sans vérificateur nommé · questions avec et sans propriétaire · la question à plus forte valeur · indépendance. Les décomptes doivent correspondre aux sections qui suivent.

  1. Contexte et triage. « Je lis ceci comme une analyse de [domaine], destinée à éclairer une [décision] au niveau [rôle]. Je l’ai triée au niveau [NIVEAU] parce que… J’applique les niveaux X, Y, Z. Si cela ne correspond pas à votre situation, dites-le-moi et je recalibre. »
  2. Ce qui tient. Deux à quatre phrases. Un diagnostic, pas une approbation : là où l’effort de vérification n’a pas besoin d’aller.
  3. Ce qui mérite examen. Les constats, par impact décroissant. Pour chacun, trois lignes : ce qui a été observé, pourquoi c’est important pour la décision, ce que vous devriez vérifier et avec qui.
  4. Hypothèses sur lesquelles repose l’output. Numérotées. Ce qui change si chacune est fausse. Qui, dans votre contexte, peut la vérifier. Jamais « approfondir la recherche avec l’IA ».
  5. Questions avant de décider. Cinq à huit. Propres à cet output, auxquelles vous pouvez répondre, utiles à la décision. Le rapport s’arrête là. Pas de synthèse, pas de verdict.

Attestation. Après la ligne de clôture, aux niveaux ÉLEVÉ et CRITIQUE ou quand le rapport entre dans un dossier de décision, un modèle vide de trois lignes intitulé « à remplir par l’humain, jamais par le modèle » : ce que j’ai vérifié moi-même et à partir de quelle source · quelles questions ouvertes ont été attribuées à quel rôle · identifiant du rapport et date. Le modèle produit ce gabarit et ne le remplit jamais.

Le protocole contient aussi des modules par domaine (pharma et santé, finance, juridique, tech), le traitement des cas limites pour le code, les données, les outputs très courts ou très longs et les contenus créatifs, un exemple travaillé et, depuis la v1.3, la définition des indicateurs du rapport qu’une équipe peut compter chaque mois (niveau de triage, constats par niveau, hypothèses avec et sans vérificateur, questions avec et sans propriétaire, attestation présente, indépendance), mis en correspondance avec le schéma JSON. Tout est dans le fichier.

C’est l’attribution des questions à un propriétaire qui fait du rapport une trace de gouvernance plutôt qu’une relecture. Chaque hypothèse nomme qui peut la vérifier ; chaque question trouve sa réponse dans le contexte du lecteur. La page Gouvernance montre comment une équipe en fait un standard interne.

Plans d’agents : la revue pré-action

Depuis la v1.2 · l’input est un plan, pas une analyse

Quand l’input est un plan, une séquence d’appels d’outils ou l’exécution que propose un agent (déployer, envoyer, payer, supprimer, soumettre), le protocole bascule en revue pré-action. La question devient : que se passe-t-il si cela s’exécute tel quel, et qui est dans la boucle avant que cela n’arrive ?

  • Plancher de triage. Au moins ÉLEVÉ dès qu’une étape est irréversible ou agit hors de l’organisation. Le niveau 4 est appliqué en entier quel que soit le niveau obtenu : prérequis, mise à l’épreuve de la mise en œuvre, pre-mortem, appliqués à l’exécution.
  • Portée de l’action (v1.3). Un quatrième critère de triage, réservé aux plans : jusqu’où l’action porte une fois lancée — un utilisateur, une équipe, toute l’organisation, ou des tiers externes et le public. Toute l’organisation ou l’externe, c’est au moins ÉLEVÉ ; irréversible et externe, c’est CRITIQUE. « Avant exécution » nomme l’étape qui fixe cette portée.
  • « Avant exécution ». Une sous-section obligatoire entre les sections 4 et 5 : les étapes irréversibles, les points de contrôle humains manquants, ce que l’agent a supposé sur ses permissions et sur l’état des systèmes qu’il touche, la portée et l’étape qui la fixe, et une condition d’arrêt que l’humain doit contrôler.
  • N’approuve jamais l’exécution. Pas de « peut être lancé sans risque », pas de « prêt », pas de séquence corrigée. À la question « puis-je lancer ça ? », le protocole remet la revue et termine sur des questions. La condition d’arrêt est une condition qu’une personne doit contrôler, pas une permission accordée.

Trois façons d’utiliser le protocole

Navigateur · votre propre assistant · édition sectorielle
01

Ici, dans le navigateur

Cinq essais gratuits par jour, sans compte, rien n’est conservé. Pour l’output sur lequel vous êtes sur le point d’agir. Le lancer.

02

Comme prompt système dans votre propre assistant

Collez le fichier dans les instructions d’un Project Claude, dans un Custom GPT, un agent Copilot, un Gem Gemini, ou dans le champ system d’un appel API. Dites ensuite « Run Riftveil » et collez l’output. Le protocole répond dans la langue dans laquelle vous écrivez.

03

Comme édition sectorielle au sein d’une équipe

Le protocole générique est volontairement neutre quant au domaine. Le Pro Kit y ajoute des éditions sectorielles où les checks du domaine sont écrits noir sur blanc, un guide d’intégration par plateforme, une version compacte pour ceux qui construisent des agents, un schéma JSON du rapport et le guide de déploiement en équipe, sous licence commerciale.